10.03.2009

La mode sybiline-Part 1 : le boyfriend jeans

A peine s'est-on remis du slim, qui aura au moins eu le mérite de donner à nombre d'entre nous une silhouette d'anorexique, vu que pour rentrer dedans le temps qu'il se démode, il a fallu s'arrêter de manger, un autre type de pantalon encore plus incongru a fait son apparition : le boyfriend-jean (BFJ).

Ah, le BFJ... aussi large que le slim était... euh, ben slim, aussi délavé que notre Cheap Monday ou April77 était brut, le BFJ est un peu la crise d'ado du slim. La revanche du gros sur le maigre. Le vote à droite après des années de socialisme. Une réaction contestataire en quelque sorte, après des mois d'oppression et de frustration de toute la population féminine taillant plus haut que du 36.

Le BFJ fait partie de cette mouvance qui consiste, temps de crise oblige, à recycler comme on peut tout ce qui a déjà servi. Et donc, après avoir écumé les vide-dressings des copines d'internet, on s'attaque, mais pourquoi n'y avait-on pas pensé avant, au placard qui voisine le nôtre, celui de chéri. D'ou le "boyfriend". Vestes, chemises, cravates, et jeans, donc. En clair, après la mode du trop-petit, et avant le RETOUR du trop-petit, la mode est au très-très-très large.

Aah, c'est donc une sorte de baggy-revival, alors, me dira la modeuse non avertie. Malheureuse! De la fringue de mec, certes, mais portée avec fé-mi-ni-té! Du gros denim dégoulinant retroussé 15 fois sur nos délicates chevilles, du tombé-gondolé savant sur notre frêle bassin, du délavé hamiltonien sur notre teint lavabo de Mars... Pour l'instant, l'intérêt de la chose nous échappe un peu, mais gageons que d'ici peu, nous aussi, on ira lorgner dans le côté gauche de la penderie...

Cependant, il reste un problème : avec le taux élevé de célibat, comment faire si on n'a pas de mec???

Très simple : on va en boutique, en ce moment on y trouve que ça, du large. Du jean XXL estampillé "boyfriend" sur l'étiquette, ce qui lui confère de suite une valeur nouvelle et inestimable. C'est chéri qui va être content, quand je vais lui dire qu'il labelise n'importe laquelle de ses fringues, et que désormais, ses jeans, il va les retrouver au sale, retroussés jusqu'à la braguette...

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